Flavia Shaw-Jackson, mère de trois jeunes enfants est depuis toujours bouleversée par la souffrance et la détresse des enfants de ce monde et par la situation désespérée de beaucoup de pays en voie de développement. L'insoutenable souffrance des enfants la guide dans toutes ses décisions et ses actions.
«Il y a, dans chaque vie, un déclic, une évidence qui pousse à agir. FACE est née un soir, après un reportage de la BBC "The Dying rooms" consacré aux mouroirs pour enfants en Chine, ces orphelinats où les enfants, privés de tout, attendent la mort dans d'atroces conditions. La vision insupportable de cette émission m'a convaincue de l'absolue nécessité d'aider, humblement mais efficacement, à soulager la misère des enfants.»
A la même époque, Flavia et son mari accueillent chez eux des enfants belges en situation de détresse familiale. Cette expérience la conforte dans le besoin de se lancer dans un projet à plus grande échelle. « En 2001, le hasard m'a conduite au Caire : je revois encore cette jeune maman portant son enfant sur l'épaule. L'état physique de celui-ci était déplorable. Il y avait, dans son regard, cette expression caractéristique des enfants qui décrochent de la vie pour mieux se protéger des souffrances. Ces enfants-là se réfugient dans un marasme total. »
Au cours de 7 voyages effectués en 2003, Flavia visite environ 25 orphelinats et passe beaucoup de temps dans les bidonvilles afin de sentir les vrais besoins sur le terrain mais surtout de voir de quelle manière elle pourrait aider de manière concrète. Elle analyse en profondeur les différentes formes que pourrait prendre le projet, contacte et rencontre les autorités locales et les Ministères, l'Ambassade d'Egypte en Belgique, le Conseil National de L'Enfance et de La Maternité au Caire mais aussi des personnes expérimentées dans le domaine de la petite enfance.
Elle constitue un dossier sur la situation précise des différents endroits visités, résume les différentes possibilités d'aide et établit un plan financier. En novembre, elle crée une asbl en Belgique et démarre les procédures laborieuses afin d'être acceptée comme ONG en Egypte.
Rapidement, elle arrive à la conclusion réaliste que la rénovation de deux orphelinats existants au Caire, l'un chrétien à Zeitoun, l'autre musulman à Hegazy, est à sa portée dans le cadre d'une première phase. Décision qui lui semblait la plus logique, étant elle-même sans confession.
Deux orphelinats dont les situations dramatiques l'ont bouleversée : « L'état de délabrement était total. Les nouveau-nés, ramassés dans la rue, étaient trempés, hurlants, dans des seaux d'eau froide. Les pampers des bébés étaient raclés et séchés au soleil pour ensuite être réutilisés. Les bébés ne quittaient jamais leur lit et ne voyaient jamais la lumière du jour. Certains se tapaient la tête constamment sur leur matelas par profond ennui et désespoir, d'autres restaient assis prostrés le long des murs humides, le regard hagard. J'ai pris un bébé dans mes bras et demandé pourquoi il avait tant de blessures et cicatrices sur le visage et le corps. On m'a répondu qu'il avait été abandonné dans la rue à la naissance et mangé par des chiens et des chats. Ce fut un choc terrible et j'ai décidé que je ne ferais plus marche arrière... »
FACE a pris corps ce jour-là.

